Norme ATEX : Zonage 0, 1, 2 et Obligations Vestimentaires

Panneau zone ATEX de couleur jaune et triangulaire signalant une classé ATEX

Le 26 décembre 2002, une explosion dans une raffinerie tue plusieurs travailleurs. L'enquête révèle une cause commune à des dizaines d'accidents industriels graves : une étincelle électrostatique générée par un vêtement de travail inadapté, dans une zone où une atmosphère explosive était présente. Ce type d'accident, parfaitement évitable avec les bons équipements, est précisément ce que la réglementation ATEX cherche à prévenir.

ATEX est l'acronyme d'ATmosphères EXplosives. Cette réglementation européenne, issue de deux directives clés (1999/92/CE côté travailleur et 2014/34/UE côté équipements), impose un cadre strict pour toute activité exercée dans un environnement où des gaz, vapeurs, brouillards ou poussières inflammables peuvent former un mélange explosif avec l'air. Elle concerne un nombre d'industries beaucoup plus large qu'on ne le croit : pétrochimie, chimie, pharmaceutique, agroalimentaire, bois, textile, métallurgie, traitement des eaux et même certaines activités de maintenance courante.

Au coeur du dispositif se trouve le zonage ATEX, qui classe les environnements selon la probabilité et la durée de présence d'une atmosphère explosive. Ce zonage détermine directement les obligations vestimentaires des travailleurs : quels vêtements porter, selon quelles normes, avec quelles contraintes d'entretien. C'est précisément ce que ce guide détaille, avec une attention particulière portée aux gammes T2S et Portwest, deux références incontournables des vêtements ATEX professionnels disponibles sur SafeWorkers.fr.

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1. Le triangle de l'explosion : comprendre le risque ATEX

Pour comprendre pourquoi la réglementation ATEX est si stricte sur les vêtements, il faut d'abord comprendre ce qu'est une atmosphère explosive et comment elle peut s'enflammer. Le risque d'explosion repose sur la réunion simultanée de trois éléments, qu'on appelle le triangle de l'explosion :

  • Une substance inflammable : gaz (méthane, propane, hydrogène...), vapeurs (solvants, carburants, alcools...), brouillards ou poussières (farine, sucre, bois, charbon, certains métaux...).
  • Un comburant : l'oxygène de l'air, présent en permanence dans tout environnement de travail.
  • Une source d'inflammation : flamme nue, étincelle mécanique, étincelle électrique, friction, chaleur de surface... ou décharge électrostatique.

Il suffit de supprimer l'un de ces trois éléments pour qu'il n'y ait pas d'explosion. La réglementation ATEX agit principalement sur la troisième composante : l'élimination des sources d'inflammation. Et c'est là que les vêtements entrent en jeu. Un tissu ordinaire, notamment synthétique, accumule des charges électrostatiques lors de tout mouvement. Ces charges peuvent se libérer sous forme d'étincelle lors d'un contact avec une surface conductrice. Dans une atmosphère explosive, une étincelle de 0,3 millijoule suffit à provoquer l'inflammation. C'est moins d'énergie que celle dégagée par un simple craquement de cellophane.

La norme ATEX ne cherche donc pas seulement à protéger le travailleur des effets d'une explosion : elle cherche à empêcher le vêtement lui-même de devenir une source d'inflammation.

2. Zonage ATEX gaz : zones 0, 1 et 2 expliquées

Le zonage ATEX pour les gaz, vapeurs et brouillards inflammables distingue trois niveaux de risque, définis par la directive 1999/92/CE et transposés en droit français par le décret du 19 novembre 2002. Ce zonage est établi sous la responsabilité de l'employeur, après évaluation des risques.

Zone 0 : risque permanent

La zone 0 est l'environnement le plus dangereux de la classification ATEX. Elle correspond aux emplacements où une atmosphère explosive gazeuse est présente en permanence, fréquemment ou pendant de longues périodes (plus de 1 000 heures par an selon les références de l'INRS). L'intérieur d'un réservoir contenant du carburant, la zone immédiatement au-dessus d'une cuve ouverte de solvant ou l'intérieur d'une conduite véhiculant un gaz inflammable sont des exemples typiques de zone 0. Ces emplacements sont en général peu accessibles aux travailleurs et font l'objet de protections physiques strictes. Les interventions humaines y sont rares, mais lorsqu'elles ont lieu, elles exigent le niveau d'équipement le plus élevé.

Zone 1 : risque occasionnel en fonctionnement normal

La zone 1 correspond aux emplacements où une atmosphère explosive gazeuse est susceptible de se former occasionnellement en fonctionnement normal (entre 10 et 1 000 heures par an). C'est la zone la plus courante dans l'industrie : abords immédiats des zones de remplissage/vidange, zones proches des joints ou robinets de process, locaux de pompes véhiculant des produits inflammables. C'est aussi la zone où les travailleurs sont le plus souvent amenés à intervenir, ce qui en fait le coeur des enjeux de formation et d'équipement.

Zone 2 : risque rare et de courte durée

La zone 2 désigne les emplacements où une atmosphère explosive gazeuse n'est pas susceptible de se former en fonctionnement normal ou, si elle se forme, elle n'existe que pendant une courte période (moins de 10 heures par an). Elle correspond généralement aux abords éloignés des zones 0 et 1, aux zones de diffusion potentielle en cas de fuite accidentelle. La protection y reste obligatoire, mais les contraintes sur les équipements sont légèrement assouplies par rapport aux zones 0 et 1.

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3. Zonage ATEX poussières : zones 20, 21 et 22

En parallèle des zones gaz, la réglementation ATEX définit une classification spécifique pour les atmosphères explosives formées par des poussières inflammables. Le principe de classification est identique, mais les substances concernées sont différentes : farines, sucres, copeaux de bois, poussières de charbon, poussières métalliques (aluminium, magnésium), amidon, certaines résines synthétiques...

Zone 20 : poussières en suspension permanente

Équivalent de la zone 0 pour les gaz, la zone 20 correspond aux emplacements où un nuage de poussières inflammables est présent en permanence ou pendant de longues périodes. L'intérieur d'un silo, d'un sécheur ou d'un malaxeur de l'industrie agroalimentaire en est l'exemple le plus courant.

Zone 21 : poussières en suspension occasionnelle

La zone 21 correspond aux emplacements où des poussières inflammables en suspension peuvent apparaître occasionnellement dans des conditions normales d'exploitation. Les zones immédiatement autour des ouvertures de remplissage ou de vidange d'un silo, ou les abords d'une installation de broyage, entrent généralement dans cette catégorie.

Zone 22 : poussières en suspension rare

La zone 22, équivalent de la zone 2, désigne les emplacements où des poussières inflammables ne sont pas susceptibles d'apparaître en suspension en fonctionnement normal, ou seulement de façon peu fréquente et de courte durée. Les zones périphériques autour des installations de traitement de poussières entrent souvent dans cette catégorie.

Un point important et souvent méconnu : les poussières déposées sur le sol, les structures ou les machines représentent aussi un risque ATEX significatif. Un dépôt de poussière de 1 mm d'épaisseur peut devenir une source d'explosion s'il est mis en suspension par un souffle, une vibration ou une aspiration. Le nettoyage régulier des installations est donc une mesure de prévention ATEX à part entière.

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4. Obligations vestimentaires selon les zones ATEX

La directive 1999/92/CE, transposée en droit français, impose que les travailleurs évoluant en zone ATEX soient équipés de vêtements adaptés "contre les risques d'inflammation". Cette formulation, volontairement large, est précisée par les normes techniques auxquelles les vêtements doivent répondre. Voici les obligations concrètes par zone.

Zone 0 et zone 20 : protection maximale, catégorie 1

Les interventions en zone 0 ou 20 nécessitent des équipements de catégorie 1 (le plus haut niveau de protection ATEX). Le vêtement doit être conforme EN 1149-5 (antistatique), idéalement accompagné d'une protection thermique (EN ISO 11612) compte tenu de la probabilité élevée d'exposition à une flamme en cas d'incident. L'ensemble de la tenue doit être antistatique de la tête aux pieds : vêtement, chaussures (ESD conformes EN ISO 20345), gants, casque. Aucun élément métallique non conforme ne doit être accessible. Les interventions en zone 0/20 sont aussi rares que possible et encadrées par des procédures de permis de travail strictes.

Zone 1 et zone 21 : protection intermédiaire, catégorie 2

En zone 1 ou 21, les équipements requis sont de catégorie 2. Le vêtement antistatique EN 1149-5 est obligatoire. Les normes complémentaires varient selon les risques identifiés dans l'évaluation : protection thermique si des flammes sont possibles (EN ISO 11612 ou EN ISO 14116), protection arc électrique si des interventions sur équipements électriques sont prévues (IEC 61482). Les chaussures antistatiques ESD sont également obligatoires. La tenue complète doit assurer la continuité électrostatique corps-vêtement-sol.

Zone 2 et zone 22 : protection de base, catégorie 3

En zone 2 ou 22, les équipements de catégorie 3 sont acceptés. Le vêtement antistatique EN 1149-5 reste obligatoire. Les contraintes sur les équipements électriques portés sont moins strictes, mais les vêtements eux-mêmes doivent impérativement dissiper les charges électrostatiques. Les chaussures antistatiques sont recommandées et souvent imposées par les procédures internes des entreprises.

Un point critique souvent négligé : le port d'un vêtement ATEX conforme est rendu inefficace si le reste de la tenue ne l'est pas. Des sous-vêtements synthétiques, des chaussures non antistatiques ou des gants isolants peuvent créer une discontinuité dans la chaîne de dissipation électrostatique et annuler la protection offerte par le vêtement externe.

5. La norme EN 1149-5 : seule obligation légale vestimentaire

Parmi toutes les normes qui gravitent autour des vêtements ATEX, une seule est strictement obligatoire d'un point de vue légal : la norme EN 1149-5:2018. Toutes les autres normes (thermique, flamme, arc électrique...) sont des obligations complémentaires qui s'ajoutent selon l'évaluation des risques spécifiques de chaque zone.

Ce que la norme EN 1149-5 exige

La norme EN 1149-5 définit les exigences de performance et de conception des vêtements antistatiques destinés à prévenir les risques d'étincelles électrostatiques. Elle impose :

  • Une résistance de surface inférieure à 2,5 × 10⁹ Ω (mesurée selon EN 1149-1) ou une résistivité surfacique inférieure à 10⁹ Ω/carré.
  • Ou une demi-vie de charge inférieure à 4 secondes avec une blindage résiduel inférieur à 50 % (mesurée selon EN 1149-3).
  • Ces performances doivent être maintenues après lavage (tests réalisés après les cycles de lavage indiqués par le fabricant).

Ces exigences sont atteintes grâce à l'intégration de fibres conductrices dans la structure du tissu. Ces fibres, généralement en carbone ou en inox, forment une grille conductrice qui dissipe les charges vers le sol via les chaussures ESD. Sans cette grille, un vêtement peut sembler identique à un vêtement ATEX mais n'offrir aucune protection électrostatique.

La condition d'efficacité souvent ignorée

Un point fondamental que l'INRS souligne dans sa note documentaire ND 2358 : la conformité EN 1149-5 d'un vêtement ne garantit sa protection que si le vêtement est porté en système. Cela signifie concrètement que les chaussures doivent être antistatiques (ESD), que les sous-vêtements doivent être en matières naturelles dissipatives, et que le vêtement doit être maintenu fermé pour assurer la continuité électrique. Un vêtement ATEX ouvert ou déboutonné perd une partie significative de son efficacité.

6. Les normes complémentaires : thermique, flamme et arc électrique

La norme EN 1149-5 protège contre les décharges électrostatiques, mais elle ne protège pas contre les effets thermiques d'une explosion. Or, si l'atmosphère explosive s'enflamme, le travailleur est exposé à une onde de chaleur, une flamme ou un arc électrique. C'est pourquoi les vêtements ATEX des zones à haut risque sont le plus souvent des vêtements multinormes, certifiés à la fois EN 1149-5 et une ou plusieurs normes thermiques.

EN ISO 11612 : protection contre la chaleur et les flammes

La norme EN ISO 11612 est la norme de protection thermique de référence pour les environnements ATEX. Elle évalue les vêtements selon six critères notés de A à F : résistance à la propagation de la flamme (A1/A2), chaleur convective (B), chaleur radiante (C), projections de métal en fusion (D), projections d'aluminium fondu (E), chaleur de contact (F). Un vêtement EN ISO 11612 A1B1C2 offre une protection contre la propagation de flamme, la chaleur convective et radiante, ce qui le rend adapté aux zones où une explosion avec embrasement est possible.

EN ISO 14116 : protection contre une flamme limitée

La norme EN ISO 14116 définit trois indices de propagation limitée de la flamme (index 1, 2, 3). C'est une norme moins exigeante que l'EN ISO 11612, adaptée aux zones où le risque d'exposition à la flamme est réel mais de faible durée. Elle est souvent associée aux vêtements T2S haute visibilité pour les zones de travail en extérieur à proximité de voies de circulation.

IEC 61482 : protection contre les arcs électriques

La norme IEC 61482 (ou EN 61482 en version européenne) régit les vêtements de protection contre les dangers thermiques d'un arc électrique. Elle est indispensable pour les électriciens et techniciens d'exploitation intervenant sur des tableaux ou équipements électriques en zone ATEX. Elle définit deux méthodes de test (méthode des boîtes et méthode à arc incident) et deux classes de performance.

Pour approfondir la réglementation des EPI en général et comprendre les exigences de chaque catégorie, consultez notre guide complet sur les équipements de protection individuelle.

7. Vêtements ATEX T2S : la référence haute visibilité multinormes

T2S (Textile Sécurité Signalisation) est une marque française spécialisée dans les vêtements de travail multinormes, avec une expertise particulièrement reconnue dans la combinaison haute visibilité et protection ATEX. Ses vêtements sont conçus pour répondre simultanément aux exigences de plusieurs normes critiques, ce qui les rend particulièrement adaptés aux techniciens de maintenance sur sites industriels, pétroliers ou gaziers.

La gamme multinormes haute visibilité ATEX de T2S

Les vêtements T2S disponibles chez SafeWorkers.fr combinent typiquement les certifications suivantes :

  • EN 1149-5 : antistatique ATEX, obligatoire pour toutes les zones.
  • EN ISO 20471 classe 2 ou 3 : haute visibilité, pour les interventions à proximité de voies de circulation ou en conditions de faible luminosité.
  • EN ISO 11612 ou EN ISO 14116 : protection thermique contre la chaleur et les flammes.

Cette triple certification permet aux techniciens des secteurs pétroliers, gaziers, chimiques et de la maintenance des réseaux de disposer d'une tenue unique couvrant l'ensemble de leurs besoins de protection, sans multiplication des couches ou des changements de tenue selon les zones traversées.

Pourquoi T2S est un choix stratégique pour les gestionnaires d'équipements

Un vêtement T2S multinormes coûte plus cher à l'achat qu'un vêtement simple. Mais il remplace plusieurs équipements distincts et réduit les risques d'erreur de port (utiliser le mauvais vêtement dans la mauvaise zone). Pour les entreprises qui gèrent des équipes intervenant sur plusieurs types de zones, l'investissement dans des vêtements multinormes est rapidement rentabilisé par la simplification de la gestion des stocks et la réduction des risques de non-conformité.

Découvrez notre sélection de vêtements T2S haute visibilité et multinormes sur SafeWorkers.fr, avec les meilleurs prix du marché.

8. Vêtements ATEX Portwest : polyvalence et protection maximale

Portwest est un fabricant irlandais fondé en 1904, aujourd'hui l'un des leaders mondiaux des équipements de protection individuelle avec plus de 3 600 produits distribués dans 150 pays. Sa gamme ATEX est l'une des plus complètes du marché, couvrant aussi bien les vêtements de travail classiques que les combinaisons, les parkas, les vestes polaires et les t-shirts techniques pour environnements explosifs.

La gamme FR (Flame Resistant) ATEX de Portwest

La gamme FR de Portwest regroupe les vêtements de protection contre la chaleur et les flammes en environnement ATEX. Ces vêtements combinent EN 1149-5 et EN ISO 11612, avec des tissus ignifugés traités durablement pour maintenir leurs propriétés après de nombreux lavages industriels. La gamme inclut :

  • Combinaisons une pièce ATEX : protection complète du corps, idéales pour les interventions en zones 0 et 1 où le risque d'exposition est élevé.
  • Vestes et pantalons ATEX : flexibilité pour les zones 1 et 2, permet d'adapter le niveau de protection selon les interventions.
  • T-shirts et sous-vêtements techniques ATEX : première couche conforme EN 1149-5 en coton traité, permettant de porter un vêtement ATEX en contact avec la peau sans risque d'accumulation de charges sous le vêtement.
  • Parkas et vêtements d'hiver ATEX : protection pour les interventions en extérieur par temps froid, maintenant les propriétés antistatiques même avec des couches isolantes.

La gamme haute visibilité ATEX de Portwest

Portwest propose également une gamme haute visibilité combinée ATEX, particulièrement adaptée aux techniciens des réseaux (gaz, électricité, eau) qui interviennent en extérieur sur la voie publique tout en étant exposés à des risques d'atmosphère explosive. Ces vêtements cumulent EN 1149-5, EN ISO 20471 classe 2 ou 3 et EN ISO 14116 ou EN ISO 11612 selon les modèles.

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9. Entretien des vêtements ATEX : ce qui tue les propriétés antistatiques

C'est l'un des angles morts les plus fréquents dans la gestion des équipements ATEX en entreprise : un vêtement conforme EN 1149-5 à l'achat peut perdre totalement ses propriétés antistatiques si son entretien n'est pas rigoureusement respecté. Et un vêtement ATEX qui ne dissipe plus les charges électrostatiques est non seulement inutile : il peut donner une fausse impression de sécurité.

L'adoucissant : ennemi numéro un des vêtements ATEX

L'adoucissant textile est strictement interdit pour le lavage des vêtements ATEX. Il dépose un film polymère sur les fibres conductrices du tissu, les isolant électriquement et neutralisant leur capacité de dissipation des charges. Même une seule utilisation d'adoucissant peut dégrader durablement les propriétés antistatiques. Dans un contexte de blanchisserie industrielle, cette règle doit être explicitement communiquée aux prestataires.

Température et cycles de lavage

Les vêtements ATEX doivent être lavés selon les instructions du fabricant, généralement à 40 ou 60°C maximum. Un lavage trop chaud peut altérer les traitements thermiques (ignifugation) et déformer les fibres conductrices. Le repassage à haute température est également déconseillé pour les vêtements ignifugés.

Tests de performance après entretien

La norme EN 1149-5 exige que les performances antistatiques soient maintenues après les cycles de lavage déclarés par le fabricant. En pratique, les entreprises sérieuses soumettent leurs vêtements ATEX à des tests périodiques de résistance électrostatique pour vérifier le maintien des propriétés. Ces tests mesurent la résistance de surface ou la demi-vie de charge selon les méthodes EN 1149-1 ou EN 1149-3.

Durée de vie et traçabilité

Chaque vêtement ATEX doit porter une étiquette de traçabilité indiquant le fabricant, les normes de conformité, les pictogrammes ATEX, le numéro de lot et les instructions d'entretien. Cette étiquette est obligatoire et doit rester lisible tout au long de la durée de vie du vêtement. Un vêtement dont l'étiquette est illisible doit être retiré du service.

10. Habilitation ATEX : formation obligatoire pour intervenir en zone classée

Porter les bons vêtements est une condition nécessaire mais non suffisante pour travailler en sécurité en zone ATEX. Le Code du travail impose que tout travailleur amené à intervenir dans une zone ATEX reçoive une formation adaptée aux risques spécifiques de cette zone.

Le référentiel ISM-ATEX de l'INERIS

En France, la formation ATEX de référence est dispensée selon le référentiel ISM-ATEX (Intervention en Sécurité en Milieu ATEX) développé par l'INERIS (Institut National de l'Environnement Industriel et des Risques). Ce référentiel définit plusieurs niveaux de formation selon le type d'intervention :

  • Niveau exécutant : pour les travailleurs qui interviennent physiquement en zone ATEX sous la supervision d'un chargé de travaux.
  • Niveau chargé de travaux : pour les responsables qui préparent, dirigent et contrôlent les interventions en zone ATEX.

Une habilitation ATEX a une durée de validité de 3 ans, au terme de laquelle un recyclage est obligatoire pour maintenir l'habilitation.

Ce que couvre la formation

La formation ATEX aborde la réglementation applicable, le principe de zonage, la physique de l'explosion, les sources d'inflammation à maîtriser, les procédures de permis de travail, le port et l'entretien des EPI, et les procédures d'urgence. Elle est indissociable de l'équipement : un travailleur bien équipé mais mal formé reste un risque pour lui-même et ses collègues.

11. Obligations de l'employeur : DRPCE et responsabilités

La réglementation ATEX fait peser des obligations lourdes sur l'employeur. Au-delà de la fourniture des équipements adaptés, il doit mettre en place un cadre documentaire et organisationnel précis.

Le Document Relatif à la Protection Contre les Explosions (DRPCE)

Toute entreprise dont les activités peuvent créer des atmosphères explosives est tenue d'établir un DRPCE. Ce document, obligatoire depuis le décret du 19 novembre 2002, doit contenir la cartographie des zones ATEX de l'établissement, l'évaluation des risques d'explosion pour chaque zone, les mesures de prévention et de protection mises en oeuvre, et la liste des équipements autorisés dans chaque zone. Il doit être mis à jour à chaque modification significative des installations ou des procédés.

Les responsabilités concrètes de l'employeur

  • Délimiter et signaler clairement les zones ATEX par des panneaux réglementaires.
  • Fournir gratuitement les EPI ATEX adaptés à chaque zone, conformes aux normes en vigueur.
  • Assurer la formation et l'habilitation de tous les travailleurs exposés.
  • Mettre en place des procédures de permis de travail pour les interventions en zones 0 et 1.
  • Vérifier régulièrement l'état des vêtements ATEX et les remplacer en cas de défaut ou de dépassement de durée de vie.
  • S'assurer que les prestataires et sous-traitants intervenant sur le site sont également informés et équipés.

En cas d'accident dans une zone ATEX sans mise en oeuvre de ces mesures, la responsabilité pénale du chef d'établissement peut être engagée pour mise en danger d'autrui.

Pour compléter votre équipement et comprendre les obligations légales associées aux EPI, consultez notre guide complet sur les EPI et leurs obligations réglementaires.

12. Travailler en zone ATEX sans compromis sur la sécurité

La réglementation ATEX est souvent perçue comme complexe et contraignante. Et elle l'est, en effet, parce que les risques qu'elle cherche à prévenir sont d'une gravité exceptionnelle. Une explosion dans un environnement industriel n'est pas un incident : c'est une catastrophe qui peut tuer plusieurs personnes en quelques secondes et détruire des installations en quelques minutes.

Mais cette complexité ne doit pas décourager. Bien au contraire, la réglementation ATEX offre un cadre clair et cohérent qui, une fois compris et appliqué, simplifie considérablement les décisions d'équipement. Identifier sa zone (0, 1, 2, 20, 21 ou 22), choisir les vêtements certifiés EN 1149-5 correspondants, ajouter les normes thermiques si nécessaire, former les travailleurs : la protection est accessible et, surtout, elle fonctionne.

Chez SafeWorkers by ErgoWorkers, nous proposons une sélection rigoureuse de vêtements ATEX des marques T2S et Portwest, aux meilleurs prix du marché. Parce que la sécurité en atmosphère explosive ne devrait pas être un luxe réservé aux grandes industries.

Pour compléter votre équipement de protection, consultez également notre sélection de vêtements haute visibilité et notre article sur les bonnes pratiques d'achat de vêtements de travail et EPI.

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FAQ : Vos questions sur la norme ATEX

Quelle est la seule norme obligatoire pour les vêtements en zone ATEX ?

La seule norme strictement obligatoire est la EN 1149-5, qui définit les exigences de performance antistatique. Les autres normes (EN ISO 11612, EN ISO 14116, IEC 61482...) sont recommandées ou imposées selon les risques complémentaires identifiés dans l'évaluation des risques de chaque zone.

Quelle différence entre une zone ATEX gaz et une zone ATEX poussières ?

Les zones gaz (0, 1, 2) concernent les atmosphères explosives formées par des gaz, vapeurs ou brouillards inflammables. Les zones poussières (20, 21, 22) concernent les atmosphères formées par des poussières inflammables (farine, bois, charbon...). Les obligations vestimentaires sont identiques, mais les équipements électriques autorisés diffèrent selon la famille de zone.

Peut-on porter des sous-vêtements en polyester sous un vêtement ATEX ?

Non. Les sous-vêtements en polyester, nylon ou laine synthétique accumulent des charges électrostatiques qui compromettent la continuité électrique du système. L'INRS recommande des sous-vêtements en coton 100 % ou en matières naturelles dissipatives pour maintenir l'efficacité du vêtement ATEX.

Quelle est la durée de validité d'une habilitation ATEX ?

Une habilitation ATEX selon le référentiel ISM-ATEX de l'INERIS a une durée de validité de 3 ans. Un recyclage est obligatoire à l'issue de cette période pour maintenir l'habilitation.

Les vêtements ATEX doivent-ils être lavés d'une manière particulière ?

Oui. L'adoucissant est strictement interdit : il neutralise les fibres conductrices et détruit les propriétés antistatiques. Les vêtements ATEX doivent être lavés selon les instructions du fabricant (généralement 40 à 60°C maximum), sans adoucissant, et leurs propriétés électrostatiques doivent être vérifiées périodiquement après entretien.

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